La Chouette de Tengmalm et le Pic noir

La Chouette de Tengmalm La Chouette de Tengmalm

Répartition - Habitat

La Chouette de Tengmalm et le Pic noir

Ces deux oiseaux sont présentés ensemble, car la Chouette de Tengmalm , rapace à l’activité nocturne, dépend du Pic noir pour se reproduire. Elle s’installe en effet presque exclusivement dans les anciennes loges du plus grand pic d'Europe.


Le Pic noir connaît cependant une répartition beaucoup plus vaste que la chouette et des populations relativement florissantes. Jusque vers 1955, sa nidification en France était connue seulement dans les montagnes (Vosges, Jura, Alpes, Massif Central et Pyrénées). Depuis, sa reproduction a été découverte en plaine et son aire de répartition s’est considérablement étendue vers l’ouest. Dans les Vosges il est présent jusqu’à 1200 m d’altitude, mais avec des densités faibles. Ses effectifs précis ne sont pas connus.
 
Ces deux espèces adoptent de préférence de vieux peuplements forestiers de différents types, surtout hêtraie-sapinière, hêtraie d’altitude, qui assurent la présence de cavités propres à la nidification. Il est important de noter que le Pic noir a besoin d’arbres mesurant au moins 45-50 cm de diamètre et qu’il est particulièrement attiré par les grands hêtres avec un haut fût libre de branches. Les loges sont creusées relativement haut, en moyenne vers 9 m ; elles se situent ainsi à un peu plus d’un mètre sous les premières branches des houppiers et largement au dessus de la limite supérieure de la strate arbustive. Les anciennes loges de ce pic peuvent aussi être adoptées par le Pigeon colombin, la Sittelle torchepot, d’autres espèces d’oiseaux et même des chiroptères. La densité du Pic noir est plus ou moins forte selon l’abondance des ressources alimentaires : principalement des fourmis, (surtout du genre Camponotus) mais aussi des coléoptères xylophages. Le domaine vital d’un couple couvre généralement de 350 à 800 ha selon la qualité du milieu ambiant et notamment l’abondance de la nourriture. Le territoire proprement dit, c’est à dire la zone défendue contre les congénères étrangers, occupe seulement de 20 à 40 ha autour du nid (Cuisin 1988).
 
Le nombre de « loges » disponibles et l’abondance des pics exercent une influence incontestable sur l’importance des densités locales de la Chouette de Tengmalm. Ces densités varient cependant également avec celle de ses principales proies : les micromammifères forestiers. Comme d’autres rapaces, la Chouette de Tengmalm adopte une stratégie basée sur une reproduction tantôt forte, lors des périodes d’abondance de ses proies, tantôt faible à nulle, lors des années de disette. Les années difficiles peuvent engendrer un comportement de nomadisme à la recherche de proies (Dessolin in Yeatman-Berthelot et Jarry, 1995). Les suivis par radio-pistage en Haute Ardenne belges de Sorbi (2003) ont montré qu’un individu pouvait exploiter une superficie variant de 45 à 75 ha par nuit et que son domaine vital pouvait couvrir entre 100 et 300 ha.
 
La réduction des peuplements âgés, notamment dans les secteurs riches en vieux hêtres, ainsi que la coupe des arbres à cavités sont des modes de gestion sylvicoles défavorables à ces deux espèces.

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