Le Grand Tétras (Tetrao urogallus major)

Répartition

Le Grand Tétras (Tetrao urogallus major)

Espèce sédentaire à distribution continue dans les forêts boréales de la Scandinavie à la Sibérie orientale. La partie Sud-Ouest de son aire de répartition (Europe Centrale et Europe de l’Ouest) est fragmentée du fait premièrement de la distribution naturellement localisée des forêts résineuses de montagne et deuxièmement de la perte d’habitat (KLAUS et al., 1989).
En France, les populations sont reliques de l’époque glaciaire et montrent des adaptations aux milieux froids (mue très complexe, plumage dense et épais, pattes adaptées à la marche sur la neige, bec sécateur). Les données les plus récentes (Groupe Tétras Vosges, 2000 ; Observatoire des Galliformes de Montagne, 2000) attestent de la présence régulière de l’espèce sur les six départements pyrénéens en ce qui concerne la sous-espèce aquitanicus et sur les trois départements de la chaîne du Jura, les six départements du massif des Vosges (présence irrégulière sur la totalité du département de la Moselle dès 1999 ; GTV, 2000) et un département du Massif Central en ce qui concerne la sous-espèce major. La petite population du Massif Central est issue d’un programme de réintroduction réalisé en Lozère entre 1978 et 2004 par le Parc National des Cévennes, puis abandonné en 2006. L’espèce a disparu du massif alpin au début des années 2000. Les populations sont donc isolées de celles du reste de l’Europe, surtout dans les Pyrénées, où elles sont particulièrement méridionales. Cette situation laisse présager une grande vulnérabilité (MENONI, 1991).

Dans les Vosges, le Grand tétras est encore présent dans quatre réserves naturelles (près de 50% de la population) et dans 6 des 12 réserves biologiques créées par l’ONF pour cette espèce de 1984 à 1999 sur plus de 7000 hectares. La grande majorité des effectifs subsistant se situe dans les Zones de Protection Spéciale créées sur les 3 régions administratives concernées.
Dans le Jura, une réserve naturelle et trois sites bénéficiant d’un arrêté de protection de biotope abritent l’espèce.
Dans les Pyrénées, le coq de bruyère est présent dans le Parc National des Pyrénées ainsi que dans 9 réserves naturelles, 6 réserves biologiques domaniales et sur 1 réserve nationale de chasse et de faune sauvage. Enfin, dans le Massif Central, l’espèce est encore présente dans le Parc National des Cévennes.

Habitat

Le Grand Tétras (Tetrao urogallus major)

Le Grand tétras est caractéristique des stades ultimes des successions forestières. Les préconisations de gestion de son habitat dépendent donc fortement de cette caractéristique (ROLSTAD & WEGGE, 1989).
Le Grand tétras occupe préférentiellement les peuplements dont l’âge d’exploitabilité est élevé, supérieur à 120 ans dans les Vosges (Ménoni et al., 1999).
En France, le Grand tétras vit entre (actualiser depuis disparition de Rambervillers) et 1200 m d’altitude dans les Vosges, 800 et 1400 m dans le Jura, 600 et 2400 m dans les Pyrénées. Typiquement forestier, il affectionne particulièrement les forêts claires et âgées de conifères, pures ou mêlées d’essences feuillues et parfois de genévriers. On le rencontre aussi dans des hêtraies pures, hêtraies-sapinières ou sapinières pures - toutes claires et âgées, . Dans les Pyrénées, il est présent au niveau de l’étage subalpin et les habitats utilisés sont très diversifiés, du fait des influences atlantique et méditerranéenne, en fréquentant non seulement les habitats précités, mais aussi les chênaies (chêne sessile) et pinèdes (pin à crochet, pin sylvestre) sur myrtille ou rhododendron et herbacées, des bétulaies à sorbier ainsi que les landes subalpines à myrtille, rhododendron et genévriers. Dans le Jura, il est présent dans les forêts de conifères âgées de haute futaie qui présentent les grandes caractéristiques des forêts nordiques (conifères, forêt claire). Le prébois jurassien se compose d’une fine mosaïque de parcelles fermées et de micro-clairières. Dans les Vosges, l’espèce fréquente les vieilles futaies claires de conifères (50 à 70 % de sapins ou de pins), avec un tapis dense de myrtilles et la présence de GB et TGB en proportion suffisante.(50% mini).
Toutes les forêts habitées par l’espèce présentent les mêmes caractéristiques. Elles s’étendent sur de vastes superficies (plusieurs milliers d’hectares) peu fragmentées, dont la structure de végétation est très diversifiée verticalement et horizontalement, avec un mélange d’arbres de différentes tailles (structure irrégulière) et un riche sous-étage arbustif (éricacées) (MENONI, 1991). Le recouvrement de la strate arborescente n’y dépasse pas 60 à 70% en moyenne avec de nombreux espaces ouverts où se développe une strate herbacée riche et dense. Elles comportent un étage buissonnant dominé par la myrtille, réparti par taches sur au moins 30% de la surface, et d’une hauteur minimale de 30 cm (Storch, 1995a).


Habitats de l’annexe I de la Directive Habitats susceptibles d’être concernés

4060 - Landes alpines et boréales (Cor. 31.4)
5120 - Formations montagnardes à Cytisus purgans (Cor. 31.842)
5130 - Formations à Juniperus communis sur landes ou pelouses calcaires (Cor. 31.88)
6520 - Prairies de fauche de montagne (Cor. 38.3)
7110 - Tourbière hautes actives (Cor. 51.1)
7120 - Tourbières hautes dégradées encore susceptibles de régénération naturelle (Cor. 51.2)
8110 - Eboulis siliceux de l’étage montagnard à nival (Androsacetalia alpinae et Galeopsietalia ladani) (Cor. 61.1)
8120 - Eboulis calcaires et de schistes calcaires des étages montagnard à alpin (Thlaspietea rotondifolii) (Cor. 61.2)
9110 - Hêtraies du Luzulo-Fagetum (Cor. 41.11)
9130 - Hêtraies de l’Asperulo-Fagetum (Cor. 41.13)
9140 - Hêtraies subalpines médio-européennes à Acer et Rumex arifolius (Cor. 41.15)
91D0 - Tourbières boisées (Cor. 44.A1 à 44.A4)
9410 - Forêts acidophiles à Picea des étages montagnard à alpin (Vaccinio-Piceetea) (Cor. 42.21 à 42.23)
9430 - Forêts montagnardes et subalpines à Pinus uncinata (Cor. 42.4)

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