Articles : Les aprioris sur le Grand Tétras.

Les Rumeurs sur le Grand tétras :

Quelques fausses idées et colportages à propos du Grand Tétras glanés au fil de lecture :

Selon Frisch(1666,1743), le Grand Tétras n’a pas de langue. En autopsiant un coq mort, il n’a trouvé la langue qu’au fond de la gorge. Cela doit arriver souvent puisque Buffon nous dit : « c’est une opinion commune parmi les Chasseurs, que les coqs de bruyère n’ont point de langue .»
Mais ce dernier nous explique alors : que cette erreur tient «sans doute sur le rapport de quelques Voyageurs crédules, ou de Chasseurs peu attentifs, qui ne voient presque jamais les animaux que morts ou mourants, et surtout, parce qu’aucun observateur ne leur avait regardé dans le gosier. » 
 
 
Pour Gesner (1516,1565, Historia animalium),la femelle de Grand Tétras est en fait une autre espèce de Tétras qu’il nomme grygallus major. Il trouve que le nom de grand francolin des Alpes, conviendrait assez bien au grygallus major, vu qu’il ne diffère du francolin que par sa taille, étant trois fois plus gros, le francolin étant à l’époque le nom du lagopède.
 
 
D’après Buffon( Histoire naturelle des oiseaux 1772) : « Quelques-uns prétendent que le tétras lorsqu’il est jeune, a beaucoup de blanc dans son plumage (e), et que ce blanc se perd à mesure qu’il vieillit, au point que c’est un moyen de connaître l’âge de l’oiseau. »Il cite aussi le journal économique d’avril 1753 : «  Le blanc qui est dans la queue, forme avec celui des ailes et du dos lorsque l’oiseau fait la roue, un cercle de cette couleur. »
 
 
Encelius (1520-1586) dit du Grand tétras : « le tétras mâle étant perché sur un arbre jette sa semence par le bec, que ses femelles qu’il appelle à grands cris, viennent la recueillir, l’avaler, la rejeter ensuite, et que leurs œufs soient ainsi fécondés ». Il ajoute aussi ceci qui est encore plus singulier : « la partie de cette semence qui n’est point recueillie par les poules, il se forme des serpents, des pierres précieuses, des espèces de perles. »
Dans son hypothèse, l’accouplement et la monte( ?) du mâle sur la femelle : «n’était qu’un jeu, un badinage, qui mettait bien le sceau à la fécondation, mais qui ne l’opérait point, vu qu’elle était l’effet immédiat de la déglutition de la semence. » 
A cela, Buffon répond : « En vérité c’est s’arrêter trop longtemps sur de telles absurdités. »
 
 
Buffon (Histoire naturelle des oiseaux 1772) explique que lorsque le Grand Coq chante : « il est alors si étourdi du bruit qu’il fait lui-même, ou si l’on veut tellement enivré, que ni la vue d’un homme, ni même les coups de fusil ne le déterminent à prendre sa volée ; il semble qu’il ne voit ni n’entende, et qu’il soit dans une espèce d’extase; c’est pour cela que l’on dit communément, et que l’on a même écrit que le tétras est alors sourd et aveugle. » Mais il se reprend après et dit : « cependant il ne l’est guère que comme le sont en pareille circonstance, presque tous les animaux sans en excepter l’homme ; tous éprouvent plus ou moins cette extase d’amour, mais apparemment qu’elle est plus marquée dans le tétras. »
 
 
Toussenel (L'Esprit des bêtes. Le monde des oiseaux, ornithologie passionnelle 1853-55) l’appelle :  «  le Pulvérateur des sapins ».
 
 
Pour Couturier ( Le gibier des montagnes françaises 1964), les caractères du Coq de Bruyères sont :  « Sauvagerie extrême, instinct de défense et de conservation développés au plus haut point résument assez bien le tempérament farouche du volatile. » Il ajoute aussi que le mâle a : « une appétence sexuelle rarement égalée dans l’ordre des Oiseaux […] on a pu parler de perturbation mentale, de dérèglement psychique ; l’Urogalle est alors d’une audace, d’une agressivité, d’une fureur qui peuvent en effet passer pour de l’aliénation. »
Que de violence pour cet oiseau…
 
 
Le poids du Grand Tétras a toujours selon Couturier ( Le gibier des montagnes françaises 1964): « subi les évaluations les plus fantaisistes, dans le sens de l’exagération,[…], puisqu’on le voit gratifié de 12 ,13, 14 et même de 16 kilogrammes !Des centaines de correspondants français des Alpes, du Jura, des Vosges ou des Pyrénées m’ont signalé des sujets de 7 et de 8 kg. Soyons sérieux. »En réalité le poids du Grand Tétras se situe entre 3,5 kg et 5,5 kg. La poule quand à elle, pèse de 1,5 à 2,5 kg.
 
 
En 1806, Gérardin (Histoire naturelle des Oiseaux 1806) nous rapporte que : « On prétend que lorsque cet oiseau a mangé une trop grande quantité de baies de genièvre, alors sa chair, qui, en tout temps passe pour un met excellent, et qui par cette raison est très recherchée, contracte un goût désagréable. »
 
 
Ce même auteur nous dit aussi : «  On prétend que lorsque les hivers sont rigoureux, le coq de bruyère se montre sur les plus hautes montagnes de quelques îles de la Grèce, et même de celles qui sont situées plus au midi, telles que l’île de Milo ; qu’il les quitte dès que la température devient plus douce. Il serait aisé d’en tuer ; mais les Grecs ne font point de cas de cet oiseau, qu’ils appellent agrio gallo, coq sauvage. »
 
 
Voici les causes de disparition du grand tétras selon le site Les Oiseaux d’Europe : « L'espèce est depuis longtemps en régression, d'une part du fait de la transformation des forêts de conifères naturelles en exploitations forestières pures, et d'autre part parce que le coq qui s'envole très vite mais vole maladroitement se rompt tôt ou tard le cou en heurtant une clôture ou un tronc d'arbre. » C’est certain le grand tétras ne sait pas voler.

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